Data et systèmes analytiques

La donnée métier est souvent l’un des actifs les plus précieux d’une organisation. Mais l’accumuler ne crée aucune valeur en soi.

Une donnée devient utile lorsqu’elle permet à quelqu’un de mieux comprendre une situation, de prendre une décision, d’automatiser une opération ou d’alimenter un produit.

C’est aussi vrai pour l’IA : un modèle performant ne compense pas une donnée mal comprise, difficile d’accès ou dont personne ne sait vraiment ce qu’elle signifie.

Notre approche de la data part donc toujours de la même question : qu’est-ce que l’organisation doit être capable de comprendre, décider ou faire ? Le système de données vient ensuite.

Partir de l’usage, pas de la donnée disponible

Un projet data commence facilement par un inventaire : quelles bases avons-nous, quels exports pouvons-nous récupérer, quels systèmes pouvons-nous connecter ?

Ce n’est pas forcément le bon point de départ.

Nous préférons commencer par ce que le système doit permettre : suivre une activité, comparer des scénarios, détecter une anomalie, alimenter une interface métier, automatiser une décision ou donner du contexte à un modèle d’IA.

À partir de cet usage, on peut remonter vers les données nécessaires, leurs sources, leur niveau de qualité attendu et la manière dont elles devront être servies.

Cela évite notamment de passer des mois à centraliser des informations dont personne ne sait encore quoi faire. Centraliser toute la donnée n’est pas une stratégie data : une plateforme utile commence par les usages qu’elle doit rendre possibles.

Décision ou usage métier
Informations nécessaires
Données requises
Sources disponibles
Collecte et transformation
Mise à disposition
On ne part pas des données que l’on possède pour chercher ensuite à quoi elles pourraient servir. La chaîne se conçoit dans ce sens, même si elle s’exécute évidemment dans l’autre.

Une chaîne de données ne s’arrête pas au pipeline

Collecter une donnée et la déplacer d’un système à un autre n’est qu’une partie du problème.

Pour qu’elle devienne réellement exploitable, plusieurs couches doivent fonctionner ensemble.

Collecter

Les données viennent rarement d’un seul endroit.

Applications internes, logiciels métiers, APIs partenaires, fichiers, bases historiques, événements produits ou sources externes doivent parfois cohabiter dans un même système.

Le premier enjeu est de récupérer ces informations de manière suffisamment fiable et reproductible.

Structurer

Une même réalité métier peut être représentée très différemment selon les systèmes qui la produisent.

Il faut donc définir comment les objets se relient, quels historiques doivent être conservés, quelles transformations sont nécessaires et à quel endroit se situe la source de vérité.

Fiabiliser

Une donnée absente, dupliquée, périmée ou incohérente peut être plus dangereuse qu’une donnée indisponible.

La qualité doit donc pouvoir être contrôlée : fraîcheur, complétude, cohérence, provenance et droits d’accès font partie du système autant que les transformations elles-mêmes.

Transformer

Certaines données doivent être agrégées, enrichies, rapprochées ou calculées avant de devenir utilisables.

Ces traitements peuvent être déterministes, statistiques ou intégrer des modèles de machine learning et d’IA selon le besoin.

Servir

La donnée n’est utile que lorsqu’elle arrive au bon endroit.

Dashboard, application métier, API, automatisation, modèle d’IA ou export partenaire : la manière de servir une donnée dépend directement de ce que quelqu’un doit en faire.

Gouvernance · Sécurité · Observabilité · Coûts

Sources

Applications, APIs, fichiers, événements

Collecte

Structuration

Qualité et sémantique

Transformation

Mise à disposition

Analytics

Produit

IA

Décision ou action
Chaque étage peut fonctionner correctement et l’ensemble rester inexploitable : c’est la chaîne entière qui rend une donnée utilisable, pas le pipeline qui la déplace. Les quatre propriétés dessinées autour valent d’ailleurs pour tous les étages à la fois, et non pour un maillon en particulier.

Une donnée doit avoir un sens partagé

Les problèmes les plus difficiles ne sont pas toujours techniques.

Deux équipes peuvent disposer exactement des mêmes données et produire deux chiffres différents parce qu’elles ne mettent pas la même réalité derrière un mot comme « client », « revenu », « produit actif » ou « conversion ».

Une plateforme data doit donc aussi établir un langage suffisamment explicite autour de l’information : quelle est la définition d’un indicateur, quelle source fait référence, comment ce chiffre a été calculé, de quelle donnée initiale il provient et qui peut y accéder.

Sans cette couche sémantique, une organisation peut disposer d’une excellente infrastructure tout en continuant à débattre de la fiabilité de ses chiffres.

La traçabilité compte pour la même raison : lorsque quelque chose paraît incorrect, il faut pouvoir remonter de l’information affichée jusqu’à sa source et comprendre les transformations qui ont été appliquées.

CRM

ERP

Produit

Facturation

Client actif

  • Définition
  • Source de vérité
  • Règles de calcul
  • Historique
Dashboard, application, modèle
La valeur ne vient pas seulement de connecter les systèmes, mais d’établir une compréhension commune de ce qu’ils racontent. Tant que ces quatre lignes ne sont écrites nulle part, chaque équipe les remplit à sa façon — et les quatre systèmes continuent d’avoir raison chacun de leur côté.

Concevoir pour la consommation, pas seulement pour le stockage

Un système data est souvent pensé depuis son infrastructure : warehouse, lake, pipelines, transformations.

Son architecture doit aussi être pensée depuis l’autre extrémité : qui va consommer cette information, et comment ?

Un analyste qui explore librement des données, un commercial qui doit prendre une décision en trente secondes et un agent IA qui a besoin d’un contexte précis n’ont pas les mêmes besoins.

Cela détermine directement le niveau d’agrégation, la fraîcheur nécessaire, la latence acceptable, les droits d’accès, les APIs à exposer et la manière dont l’information est préparée et présentée.

C’est une des raisons pour lesquelles nous considérons les systèmes analytiques comme des produits à part entière, et pas uniquement comme de l’infrastructure. L’interface compte autant que le pipeline lorsqu’elle constitue le point de contact entre la donnée et le métier.

L’IA rend la qualité de la donnée encore plus importante

Les progrès récents des modèles de langage peuvent donner l’impression qu’il devient possible d’interroger n’importe quelle information sans avoir à la structurer auparavant.

Ils déplacent surtout le problème.

Un modèle peut faciliter l’accès à une information complexe, rapprocher des sources ou produire une synthèse. Mais il doit toujours savoir quelles données utiliser, lesquelles sont fiables, auxquelles l’utilisateur a droit et dans quel contexte les interpréter.

Plus un système IA devient capable d’agir à partir de la donnée de l’entreprise, plus ces questions deviennent importantes.

C’est le lien direct avec notre expertise IA appliquée et agents : le modèle apporte une nouvelle capacité d’interaction ou de raisonnement, mais la qualité du système dépend largement de la donnée métier qui l’alimente.

Une plateforme data doit vivre avec l’organisation

Une pipeline qui fonctionne aujourd’hui n’est pas terminée.

Les sources évoluent. Des champs disparaissent. Les volumes augmentent. Les définitions métier changent. De nouveaux usages apparaissent.

Un système data doit donc permettre de comprendre rapidement qu’une source ne se met plus à jour, qu’une transformation produit un résultat inhabituel, qu’un volume évolue brutalement, qu’un traitement devient trop lent ou trop coûteux, ou qu’un changement a modifié un indicateur important.

L’observabilité n’est pas là pour produire un dashboard supplémentaire. Elle permet de savoir si la donnée sur laquelle l’organisation s’appuie mérite encore sa confiance.

C’est également ici que le sujet rejoint notre expertise architecture et engineering produit : automatisation, environnements reproductibles, déploiement, sécurité, supervision et documentation sont aussi nécessaires aux systèmes data qu’aux applications qui les consomment.

Construire juste ce qui doit l’être

Comme pour l’architecture logicielle, nous ne croyons pas à une stack data universelle.

Une organisation n’a pas systématiquement besoin d’un data lake, d’une plateforme temps réel ou de dizaines de pipelines indépendants.

La bonne architecture dépend de la fréquence à laquelle les données changent, du volume traité, du nombre de sources, des usages attendus et des conséquences d’une information incorrecte.

Certains besoins se satisfont parfaitement d’un système relativement simple. D’autres nécessitent une chaîne beaucoup plus structurée. Le rôle de l’engineering est de savoir distinguer les deux.

La sophistication d’une plateforme data doit être proportionnée aux usages qu’elle sert.

Ce que nous avons déjà construit

Ces problématiques reviennent dans plusieurs projets Vezero, sous des formes très différentes. Les contextes changent, mais la question reste la même : comment transformer les données disponibles en un système suffisamment fiable pour que le métier s’en serve ?

Données énergétiques

Pour Dsflow, nous sommes notamment intervenus sur la refonte d’une pipeline traitant les données de consommation énergétique des entreprises.

Outils analytiques métier

Des projets comme IQVIA nous ont amenés à travailler sur la visualisation et l’exploitation de données métier complexes dans le domaine de la santé.

Data et modèles spécialisés

Avec Predicity dans la cosmétique et Foodlytics dans l’agroalimentaire, nous intervenons sur des systèmes mêlant données métier et modèles de langage spécialisés.

Stratégie data et IA

Nous travaillons également, avec des partenaires sectoriels, sur des missions plus amont : identifier les cas d’usage, évaluer l’existant et construire des trajectoires data et IA dans de grandes organisations industrielles et pharmaceutiques.

De la donnée à l’usage

Nous évaluons finalement un système data moins à la quantité d’informations qu’il stocke qu’à sa capacité à rendre ces informations exploitables.

Les utilisateurs trouvent-ils la bonne information ? Comprennent-ils ce qu’elle signifie ? Peuvent-ils lui faire confiance ? Peut-elle alimenter correctement une application, une décision ou un modèle ? Et lorsque quelque chose change, l’équipe est-elle capable de comprendre pourquoi ?

Une bonne plateforme data ne cherche pas à tout centraliser. Elle rend les bonnes données disponibles, compréhensibles et fiables au moment où elles deviennent utiles.

Notre façon de cadrer ces sujets, d’arbitrer et de nous engager est décrite en détail dans la méthode Vezero.